L'oasis de Palmyre
L'oasis de Palmyre, autrefois l'une des plus grandes palmeraies du désert syrien, couvrait près de 400 hectares. Avec ses quelque 35 000 palmiers, ses oliviers, ses grenadiers et ses vergers, elle constituait depuis des millénaires une étape essentielle des routes caravanières reliant la Méditerranée au golfe Persique. Sa richesse a largement contribué à la prospérité de la cité antique.
La guerre a profondément bouleversé cet équilibre. Plus de 80 % de l'oasis a été détruit : arbres déracinés ou brûlés, oliveraies abattues, réseau d'irrigation dévasté et ressources pillées. Une grande partie de ce paysage historique a aujourd'hui disparu.
Lors de mon retour à Palmyre, en juin 2026, j'ai pourtant assisté à une scène que je n'avais jamais observée en près de quarante ans à parcourir cette ville : les habitants se baignaient dans les eaux de la source d'Afqa, qui coule aujourd'hui de nouveau librement. Des Palmyréniens y renouaient avec une tradition ancestrale autour de cette eau sulfureuse, considérée comme sacrée depuis l'Antiquité. Avant la guerre, les importants prélèvements d'eau, notamment par l'hôtel Méridien voisin, réduisaient fortement le débit de la source. Malgré les destructions, le retour de cette eau apparaît comme un puissant symbole d'espoir et de résilience pour Palmyre.